Archives de catégorie : Histoire de l’art

Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas.

Jérôme Cock commanda à Dominique Lampson, humaniste, poète et artiste brugeois d’illustrer par des poésies une série de portraits d’artistes des Pays-Bas. L’ouvrage sera publié en 1572, sous le titre original en latin de Pictorum aliquot celebrium Germaniae inferioris effigies. Ces gravures sont accompagnées de vers rédigés en latin, évoquant les œuvres principales de l’artiste dépeint, son mérite ou encore certains éléments de sa vie. Ces textes furent traduits en néerlandais dans Le grand livre des peintres de Karel van Mander, puis en français par Henri Hymans*. source

*Textes disponibles ici : vol1 et vol2

J’ai recopié quelques traductions  sous certains portraits comme sous celui de Jan van Scorel : « Je serai toujours vanté comme le premier qui démontra aux Belges que celui qui veut être peintre doit avoir vu Rome, usé mille pinceaux, beaucoup de couleur, et, en outre, avoir produit à cette école beaucoup d’œuvres dignes d’être louées, avant que de pouvoir être dignement qualifié artiste« 

Source des images  : celle de Jérôme Cock manquante provient du site de l’Institut Néerlandais.

Les effigies et autres portraits d’ artistes qui ont prospéré en Europe sont parfois associés à une de leurs œuvres.

 

 

Antoine Borel,dessin,Le Bernin,

Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin

Il y a quelques mois, au cours de mes flâneries sur la « toile », un dessin a retenu mon attention mais, comme souvent hélas, je ne pense pas à noter son emplacement d’origine 🙁

Aujourd’hui,  je le retrouve enfin dans les collections numérisées de la Bibliothèque numérique de l’INHA 🙂
Il s’agit d’une copie faite par Antoine Borel d’après un tableau de la Galerie des Ducs d’Orléans.

Antoine Borel,dessin,Le Bernin,
Pierre noire, mine de plomb, encre noire et lavis 34×43 cm

La curiosité me pousse à en savoir plus : le titre indiqué sur le dessin est « La méditation ». Je décide de me mettre en quête dudit tableau sans aucune indication supplémentaire pour m’aider …Après moult méandres et de recoupements, je trouve dans un des catalogues « Description des tableaux du Palais Royal« un texte qui semble bien correspondre au sujet. Cette fois, le titre devient « Un étudiant » et le peintre serait de Jean Laurent Bernin (on s’étonnera de la date de décès du peintre en 1640!)

INHA,Palais Royal,Le Bernin,

edit : autre description (avec cette fois la bonne date de décès)

Voilà, j’ai un titre, un peintre mais toujours pas d’œuvre à voir sauf peut-être celle-ci mais …est-elle de la main du maître ou de son entourage ??

Le Bernin, Saint Jean
Saint Jean lisant

 

 

La contre-épreuve

En 2013, j’avais réalisé une copie d’après Hubert Robert dont j’avais trouvé le dessin dans un livre sous le titre « Bord de la Marne »…!!

Je découvre récemment  la contre-épreuve sous le titre « Couple de pêcheurs et promeneurs sur le bord d’une rivière » :

Hubert Robert,sanguine,pëcheurs, promeneurs, rivière
Contre-épreuve

Voici une belle occasion de rapporter ici  la « Place de la contre-épreuve dans le travail d’Hubert Robert

Après avoir achevé un dessin, Hubert Robert en tirait immédiatement une contre-épreuve pour une utilité future. Selon Sarah Catala, «les échanges de contre-épreuves fréquents entre pensionnaires de l’Académie de France à Rome, ajoutés à l’usage de donner à son mécène les dessins illustrant les sites prestigieux visités lors de voyages explique cette pratique. La réplique inversée, conservée en atelier, permet de fixer le souvenir d’une sanguine destinée à la vente ou d’être rehaussée d’encre pour être vendue à son tour. »
Une source inépuisable d’inspiration
La technique de la contre-épreuve permet de garder trace d’une sanguine vendue ou offerte. Gardées en atelier durant plusieurs années, copiées en partie ou en totalité, les contre -épreuves inspirent fréquemment de nouvelles compositions. » source

Le style troubadour en peinture

Le terme de « troubadour » a été utilisé vers 1880 pour qualifier (et s’en moquer) des peintures du début du XIXe siècle illustrant un Moyen Âge doucereux et mythique, plus proche des contes de fées que de la réalité historique. Ensuite, par extension, ce terme fut attribué à des œuvres diverses (sculptures, mobilier, objets, tapisseries…), le dénominateur commun étant le goût pour le Moyen Âge.
Sous ce terme de troubadour, comme l’a souligné l’exposition pionnière organisée au musée de Bourg-en-Bresse en 1971, Le Style troubadour, on a fini par réunir des ensembles hétéroclites et, en ce qui concerne la peinture, trois générations d’artistes. Source

Pour info : Monastère de Brou à Bourg-en-Bresse
Lire aussi—>Introduction à la visite du monument

 

Raffael et La Fornarina Jean-Auguste-Dominique INGRES

« La place de la peinture troubadour dans l’œuvre d’Ingres
Entre 1813 et 1819, Ingres réalise une trentaine d’œuvres (peintures et dessins) qui relèvent de ce que l’on nomme la « peinture troubadour ». Par la suite, il reprend souvent les mêmes sujets en introduisant chaque fois des variantes : ainsi il existe sept versions de Paolo et Francesca et cinq versions de Raphaël et la Fornarina réalisée entre 1813 et 1846. La pratique de l’auto citation ainsi que la reprise des mêmes sujets avec quelques variantes sont des procédés qui caractérisent l’art d’Ingres et on les rencontre dans toutes ses œuvres.

Trois thèmes dominent :
La vie des peintres avec notamment celle de son peintre favori Raphaël
La vie des monarques par exemple celle d’Henri IV
Le Moyen Age et l’inspiration littéraire avec Paolo et Francesca » source

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