Pratique et théorie du dessin : XVe-XIXe siècle

Jacqueline Lichtenstein Cycle de conférences et colloques

Professeur d’esthétique et de philosophie de l’art à l’université Paris-Sorbonne, Jacqueline Lichtenstein démontre le rôle crucial du dessin dans l’affirmation d’un nouveau statut de l’artiste en Europe depuis la Renaissance.

1 Le primat du dessin à la Renaissance
2 L’importance du dessin dans la formation académique
3 Dessin/Couleur
4 L’art du dessin au XVIIIe siècle
5 Dessiner le nu

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Ci-dessous quelques références recueillies au cours de mon visionnage.

1 Enjeux d’une nouvelle conception du dessin comme expression d’une idée, procédant d’un acte intellectuel et non plus seulement résultat d’un acte manuel.
Pline l’Ancien
Le mythe d’origine de la peinture–>Dibutades

L'invention de l'art du dessin, Joseph-Benoît Suvée,Dibutades
L’invention de l’art du dessin Joseph-Benoît Suvée

Xeusis
Apelle et Campaspe

Chef-d’oeuvre inconnu
Joachim von Sandrart / Joseph Benoît Suvée /Giorgio Vasari /Benedetto Varchi  Jean-Baptiste Regnault / Federigo Zuccaro

La polysémie
Accademia delle Arti del Disegno
Disegno–> définition
« L’orateur » Cicéron
Erwin Panofsky
La théorie aristotélicienne de la causalité
Les sept arts libéraux

Francesco Pesellino

Cosme 1er de Toscane –> Florence et l’académie du dessin
Dictionnaire d’Antoine Furetière

2 Imiter l’antique ou imiter la nature ?
Les multiples formes d’enseignement du dessin et son lien avec la sculpture et la peinture d’histoire.
Giordano Bruno–> La cavale du cheval Pegase
Henri Focillon–> Eloge de la main « Ce qui distingue le rêve de la réalité, c’est que l’homme qui songe ne peut engendrer un art : ses mains sommeillent. L’art se fait avec les mains. Elles sont l’instrument de la création, mais d’abord l’organe de la connaissance.[…]Allons à l’extrême opposé, que notre pensée se reporte à des œuvres où respirent entre toutes la vie et l’action, considérons les dessins, qui nous donnent la joie de la plénitude avec le minimum de moyens. Peu de matière, et à peu près impondérable. Aucune de ces ressources de dessous, de glacis et de pâtes, aucune de ces riches variations du pinceau qui donnent à la peinture l’éclat, la profondeur et le mouvement. Un trait, une tache sur l’aridité de la feuille blanche, dévorée de lumière ; sans se complaire à des artifices techniques, sans s’attarder à une alchimie compliquée, on dirait que l’esprit parle à l’esprit. Pourtant tout le poids généreux de l’être humain est là, et toute sa vivacité d’impulsion, avec le pouvoir magique de la main que rien, désormais, n’entrave ou ne retarde, même quand elle procède avec lenteur, soucieuse de l’étude. Tout instrument lui est bon pour écrire ses signes, elle s’en fabrique d’étranges et de hasardeux, elle les emprunte à la nature – une brindille de bois, la plume d’un oiseau. Hokusaï dessinait avec la pointe d’un œuf, avec le bout de son doigt, cherchant sans cesse des variétés nouvelles de la forme et de nouvelles variétés de la vie. »

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Théodore Chassériau
Paul Klee –> Le credo du createur

Plate-peinture
Taddeo Zuccaro
Goethe / Aristote–> la poétique
Alberti
Francis Haskell –> Pour l’amour de l’antique
Pierre Jacques

Laocoon–> le mythe –> la sculpture
Simon Vouet / Bouchardon

La calomnie d’Apelle Botticelli

Calomnie

Guido Reni/Natoire /Roger de Piles/Bernin /Henri Testelin/Fricquet de Vauroze/
Louis de Boulogne/Gérard van Opstal/Gérard Audran

3 Querelle et débats à l’Académie royale de peinture et de sculpture : quand les partisans de la ligne s’opposent aux défenseurs du coloris.
Salon 1846 Baudelaire ( « De la couleur »page 10)
La mort de Sardanapale Delacroix
Les phares Baudelaire
Ludovico Dolce –>Dialogue sur la peinture intitulé l’Arétin
Maurice Denis « Se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées »
Eliezer et Rebecca / L’inspiration du poète Nicolas POUSSIN
Venus Frigida Rubens
Térence / Roger de Piles/ Bernard Picart/ Louis-Gabriel Blanchard/ Pierre Mignard
La gloire du val de grâce Molière
Poème « La peinture » Charles Perrault
Nicolas Mignard
Lettres sur les aveugles Diderot (livre audio)

Eugène Fromentin–> Les maîtres d’autrefois (à télécharger)
Comte de Caylus
Bibliographie du comte de Caylus  dont les vies d’artistes célèbres
4 Le dessin comme expression directe de la pensée du peintre, élan spontané de son génie.
Union du dessin et de la couleur : Guido Reni
Le dessin et la peinture : Le Guerchin
Eliezer et Rebecca : Nicolas Poussin
Conférences de l’académie royale de peinture et de sculpture
et  ici
Les pélerins d’Emmaüs : Véronèse
Jean Nocret
Laocoon / Michel Anguier  / Johann Joachim Winckelmann
Expressions des passions de l’âme : Charles Le Brun La bataille d’Arbelles
Les Passions de l’âme : Descartes
La naissance du dauphin   –> Cycle de Marie de Médicis Rubens
Concours pour le prix de l’étude des têtes d’expressions Historique

concours têtes d'expression, Comte de Caylus
Sébastien Leclerc / Gérard Audran / Jennifer Montagu  / Marin Cureau de La Chambre
Ecole de dessein : Cochin le jeune, Charles-Nicolas
Louis Galloche Concert champêtre : Watteau

Salons (Diderot)  Salon de 1755 (extrait)
 » Personne que vous, mon ami, ne lira ces papiers, ainsi j’y puis écrire tout ce qu’il me plaît. Et ces sept ans employés à l’Académie à dessiner d’après le modèle, les croyez-vous bien employés, et voulez-vous savoir ce que j’en pense ? C’est que c’est là et pendant ces sept pénibles et cruelles années qu’on prend le maniéré dans le dessin. Toutes ces positions académiques, contraintes, apprêtées, arrangées, toutes ces actions froidement et gauchement exprimées par un pauvre diable et toujours par le même pauvre diable gagé pour venir trois fois la semaine se déshabiller et se faire mannequiner par un professeur, qu’ont-elles de commun avec les positions et les actions de la nature ? Qu’ont de commun l’homme qui tire de l’eau dans le puits de votre cour et celui qui n’ayant pas le même fardeau à tirer, simule gauchement cette action, avec ses deux bras en haut, sur l’estrade de l’école ? Qu’a de commun celui qui fait semblant de mourir là, avec celui qui expire dans son lit, ou qu’on assomme dans la rue ? Qu’a de commun ce lutteur d’école avec celui de mon carrefour ? Cet homme qui implore, qui prie, qui dort, qui réfléchit, qui s’évanouit à discrétion, qu’a-t-il de commun avec le paysan étendu de fatigue sur la terre, avec le philosophe qui médite au coin de son feu, avec l’homme étouffé qui s’évanouit dans la foule ? Rien, mon ami, rien […]
Cependant la vérité de nature s’oublie, l’imagination se remplit d’actions, de positions et de figures fausses, apprêtées, ridicules et froides. Elles y sont emmagasinées, et elles en sortiront pour s’attacher sur la toile. Toutes les fois que l’artiste prendra ses crayons ou son pinceau, ces maussades fantômes se réveilleront, se présenteront à lui ; il ne pourra s’en distraire et ce sera un prodige s’il réussit à les exorciser pour les chasser de sa tête. J’ai connu un jeune homme plein de goût qui avant de jeter le moindre trait sur sa toile, se mettait à genoux et disait, Mon Dieu, délivrez-moi du modèle. S’il est si rare aujourd’hui de voir un tableau composé d’un certain nombre de figures sans y retrouver par-ci par-là quelques-unes de ces figures, positions, actions, attitudes académiques qui déplaisent à la mort à un homme de goût, et qui ne peuvent en imposer qu’à ceux à qui la vérité est étrangère, accusez-en l’éternelle étude du modèle de l’école […]
Cent fois j’ai été tenté de dire aux jeunes élèves que je trouvais sur le chemin du Louvre avec leurs portefeuilles sous le bras : Mes amis, combien y a-t-il que vous dessinez là ? Deux ans ? Eh bien c’est plus qu’il ne faut. Laissez-moi cette boutique de manière. Allez-vous-en aux Chartreux, et vous y verrez la véritable attitude de la piété et de la componction. C’est aujourd’hui veille de grande fête ; allez à la paroisse, rôdez autour des confessionnaux et vous y verrez la véritable attitude du recueillement et du repentir. Demain allez à la guinguette ; et vous verrez l’action vraie de l’homme en colère. Cherchez les scènes publiques ; soyez observateurs dans les rues, dans les jardins, dans les marchés, dans les maisons, et vous y prendrez des idées justes du vrai mouvement dans les actions de la vie.

5 Du nu traditionnel au nu moderne : connaissance anatomique, modèle antique et idéal de beauté.
Documentation supplémentaire :
Dessins français du XVIIe (BNF)

Quelques liens sur le dessin :
Le dessin Histoire d’un art
Albrecht Dürer et son temps : présentation d’une collection de livres allemands XVIe siècle, à feuilleter..
Dessins français de Ingres à Degas (en anglais)
Publications en ligne du Metropolitan Museum of Art : dont une sélection des dessins de Rubens à télécharger ..