Archives de catégorie : Savoir-faire

Seurat : Technique novatrice

Copie sur papier Ingres 18×14 pierre noire d’après Study for the painting “Bathers at Asnières

Karl Buchberg (Seurat : Materials and techniques)

« Le crayon Conté, crée à la fin du XVIIIe siècle, était utilisé dans les écoles d’art mais c’est Seurat qui lui donne une noblesse particulière. Plusieurs catégories de crayons étaient proposées, du plus sec au plus gras mais tous avaient la même composition de base, quasiment inchangée depuis le dépôt du brevet en 1795. Les récents travaux scientifiques sur Seurat ont montré que l’artiste utilisait des fixatifs entre plusieurs couches de crayon pour créer des effets de noir profond; cela est probablement le cas pour le dos du musicien. Karl Buchberg restaurateur spécialiste des œuvres sur papier, a démontré que la composition du crayon Conté ne contenait pas de cire – même dans les crayons les plus gras – l’effet « brillant » de certains dessins étant en effet dû à l’emploi volontaire de fixatif. L’artiste se servait en effet d’un tel produit pour retravailler certaines parties, donner une densité et accentuer les contrastes.

En jouant avec les nervures du papier et l’intensité du crayon, l’artiste obtient une large palette de gris. Gustave Kahn en donne une très belle description dans la préface de l’ouvrage Les Dessins de Georges Seurat : « Le crayon qui s’écrase pour les masses, éperle, sur les contours, des gris, des blancs neigeux, des archipels de minuscules tonalités graduées du blanc au noirâtre sur une coulée, un liseré que le détail des valeurs mue en frontière légèrement teintée. »

Au crayon Conté, l’artiste ajoute ici, quelques rehauts de gouache blanche, visible en haut du dessin et sur la gauche. L’artiste a utilisé la gouache ou le crayon coloré essentiellement dans les œuvres représentant les cafés-concerts comme un moyen plastique pour marquer des points de lumière émanant des becs de gaz. Les touches grises sur ces rehauts n’étaient peut-être pas intentionnelles. Comme le remarque Gary Tinterow sur le dessin Eden Concert, l’artiste aurait en effet rehaussé la gouache blanche d’un pigment d’un blanc plus éclatant encore tel que le blanc de plomb qui aurait pu s’oxyder et devenir gris au fil du temps. L’utilisation d’un tel medium permet de créer un effet velouté sur le papier qui traduit parfaitement l’atmosphère confinée et enfumée du lieu. Par des tracés tout en légèreté, à la limite de l’abstraction, Seurat déconstruit l’imagerie de la culture populaire pour la sublimer. » Source

Le papier Michallet n’était fabriqué qu’en un seul format (63 x 48 cm). Seurat coupait chaque feuille en quatre afin que la trame, dont la proportion augmentait alors par rapport à la dimension réduite du papier, soit bien plus visible. En appliquant dessus le Conté, la texture de la superficie fragmentait le trait et entraînait une vibration visuelle. Lorsque le papier était divisé en quatre parties, seul un des quarts conservait la filigrane de la marque de papier.Source

Ci-dessous 1/2 feuille soit 31.70 x 24.70 source

The drawings of Georges Seurat 151 illustrations

ARTVEE

Comment tailler les crayons ?

Je suis droitière : je prends mon cutter de la main gauche, je le tiens fermement en prenant appui avec mon bras posé sur la table et je ne bouge plus ! Ensuite je tiens le crayon dans ma main droite et je le fais tourner au fur et à mesure sous la lame, c’est mon pouce qui maintient le dos de la lame mais c’est le crayon que je déplace. Cela peut paraitre bizarre mais en faisant ainsi il y a beaucoup moins de pression sur la mine et le risque de casse s’en trouve fortement réduit:) Je finis en frottant éventuellement sur une toile émeri fine : pointe en biseau, en aiguille fine, etc…

Pour le fusain, la sanguine, la pierre noire (uniquement sous forme de crayons), je me contente de dégager la mine de son bois avec le cutter ensuite j’utilise une râpe électrique (type Scholl) : c’est la mine que l’on passe sur la râpe fine et non l’inverse. Pour finir, on peut effiler la pointe au papier de verre fin.

Encollage à la colle de peau d’une toile brute

Une fois la toile de lin montée sur son châssis et parfaitement tendue, la méthode d’encollage à la colle de peau se fait traditionnellement à chaud au spalter (ou mieux au sabre à enduire) et à plat. Une spatule coudée inox à pâtisserie peut faire le job !

Pour un encollage régulier, il est conseillé de pratiquer l’application par zones carrées successives –> procédé de recouvrement dit « en damiers ».

Le geste doit être rapide, la couche fine et  il est préconisé d’éviter à tout prix (dixit Pierre Garcia ) que la colle ne passe de l’autre côté pour des questions d’irrégularité de tensions. Autant dire que c’ est quasi « mission impossible »… en tout cas, pour moi !!

Aussi, j’ai donc décidé de tester l’idée, un peu saugrenue voire contestable, selon laquelle il était possible d’étaler la colle sous sa forme gélifiée à température ambiante et en utilisant la chaleur des mains pour lisser…

Pour commencer, j’utilise une petite spatule en plastique pour étaler le plus régulièrement possible la colle de peau. Je procède  par petites zones successives  afin de garnir toute la surface puis je lisse très doucement l’ensemble avec la main bien à plat : dès le premier passage et après séchage, la toile est restée parfaitement tendue et je constate un petit scintillement régulier sur toute la surface qui (toujours d’après P.Garcia) montre que l’encollage a été correctement exécuté 🙂 🙂

Continuer la lecture de Encollage à la colle de peau d’une toile brute

Montage d’une toile brute sur châssis

C’est l’ouvrage « Le métier du peintre »de Pierre Garcia qui  m’a principalement servi de guide cette fois encore.

Mais pour commencer, concernant la toile de lin brute :
– décatir ou pas ? Les avis sont partagés …les apprêts utilisés aujourd’hui diffèrent sans aucun doute de ceux d’autrefois.

La toile ne doit pas être décatie (apprêt enlevé par lavage ou autre), sinon elle deviendrait perméable et la colle passerait à travers la toile. Plier la toile de lin et la frapper au marteau sur le sol, pour la casser, sinon, la colle va fuser de partout.Claude Yvel

Fournitures :
 un morceau de toile de lin non décatie
baguettes chanfreinées pour châssis ou encore  ici
une agrafeuse manuelle
Pince à tendre
une paire de ciseaux

Un peu de couture !

Continuer la lecture de Montage d’une toile brute sur châssis

La restauration de tableaux

« On appelle restauration d’oeuvre d’art, toute technique visant à la remise en état « à l’identique » du patrimoine mobilier ou immobilier en conformité avec la vérité historique. La notion « à l’identique » est entendue comme précisée plus bas, c’est à dire en conformité avec la vérité historique ; c’est-à-dire sans transformation de « l’idée d’origine », sans interprétation aucune. L’identique est ici un identique ayant vécu, tout comme un être est toujours lui-même plus tard dans sa vie, l’oeuvre doit toujours être elle même, c’est à dire elle et son vécu. »  source

1

Continuer la lecture de La restauration de tableaux